Estime de soi

Trop ceci, pas assez cela…

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Quel est votre rapport avec votre corps ? Au fil du temps, avez-vous appris à l’accepter et à l’aimer ? Avez-vous décidé de le respecter, de le chérir et de l’apprécier à sa juste valeur ? Plutôt, est-ce que vous vous qualifiez parfois de trop ceci ou pas assez cela ? Êtes-vous accompagnée depuis tant d’années de précieux complexes qui sont peut-être, sans le vouloir, un frein à votre vie rêvée parce qu’en vous définissant majoritairement par ces aspects, réels ou imaginaires, vous vous limitez consciemment ou inconsciemment dans ce que vous pouvez atteindre ? Êtes-vous une personne qui avez développé la facilité déconcertante de vous critiquer si rapidement, trouvant souvent à dire sur ce que vous voyez dans le miroir ?

Récemment, j’ai été profondément troublée par certaines publications qui ont circulé sur les réseaux sociaux et qui m’ont fait réfléchir sur l’image que la femme entretient de son corps et de ce qu’elle est dans son ensemble. J’ai été troublée de réaliser la haute importance encore et toujours accordée à l’apparence physique même si elle devient malsaine et à cette estime de soi qui semble être encore trop souvent défaillante chez plusieurs personnes.

Oui, récemment, via les réseaux sociaux, j’ai lu des articles qui parlaient de cette chère estime de son corps qui semble difficile à développer pour plusieurs femmes. J’ai aussi lu des commentaires de connaissances que je trouve magnifiques, mais qui nommaient qu’elles se trouvaient plutôt ordinaires sur telle ou telle photographie où elles n’étaient pas maquillées, comme s’il fallait justifier cette absence d’artifices qui dévoilent peut-être des traits plus fatigués, mais un peu plus de ce que l’on est dans toute notre beauté. Finalement, j’ai aussi vu circuler des photographies d’actrices où on nous montrait délibérément leurs rondeurs ou leur cellulite. J’ai été troublée de constater que certaines femmes se consolaient de ceci en se disant ne pas être pas si moches finalement. Est-ce irréaliste de souhaiter que chaque femme puisse ENFIN se permettre de se trouver magnifique physiquement sans avoir besoin de se comparer aux autres pour apprendre à s’aimer un peu plus ? Peut-on simplement décider de se regarder avec des yeux aimants plutôt que de faire passer le développement de l’estime de soi par la comparaison à l’autre ? Ce que l’autre a ne m’enlève rien, ce que j’ai ne lui enlève rien. Ce que nous sommes, c’est ce que nous sommes. Oui, je crois que la comparaison peut rapidement devenir malsaine…

La vérité est que j’ai été, jadis, cette personne qui se comparait à d’autres. J’étais celle, adolescente, à ne pas aimer l’image que me renvoyait mon miroir. Il m’est arrivé de pleurer et de m’emporter face à lui, car je détestais l’image qu’il me renvoyait. Je ne la trouvais pas à la hauteur de standards de beauté que j’avais profondément ancrés en moi. Je me suis longtemps empoisonné la vie en me critiquant facilement et en ne me trouvant jamais à la hauteur. Ma beauté, celle qui me caractérisait, n’était pas celle que je désirais. J’aurais aimé avoir un visage moins rond, avoir des formes différentes, bref, j’aurais aimé changer de corps. À cette époque, j’étais convaincue de ne pas être assez belle, d’être trop ceci ou pas assez cela.

Puis, les années sont passées. Je regardais à l’occasion des photographies de cette fameuse époque où j’étais une adolescente plutôt mal dans sa peau et qui ne s’aimait pas beaucoup. Je regardais ces photographies en m’étonnant toujours de plus en plus : la jeune fille que je voyais sur ces images était bien loin de représenter réellement tous les reproches que je lui faisais pourtant incessamment autrefois. J’étais seulement une jeune fille qui grandissait à sa façon et qui était jolie, comme les autres adolescentes !

Puis, à force de réfléchir, de discuter avec des personnes entretenant de saines perceptions d’elles et, surtout, d’être littéralement épuisée de me critiquer ainsi, j’ai pris conscience que j’étais responsable de ce que je me m’infligeais. Un jour, j’ai littéralement décidé que j’allais nettoyer mes lunettes et que j’allais me regarder avec davantage d’amour et de justesse. Je m’octroierais tout l’amour mérité, je me regarderais avec bienveillance et saurais saluer mes attraits tout en acceptant mes limites. Ce jour, j’ai compris que la perception que j’avais de mon corps n’était pas juste. Je réalisai que je n’étais ni moins ni plus que ma voisine, j’étais seulement et magnifiquement MOI. Et ce MOI était cette fille au visage rond que j’ai longtemps détesté, au corps sublime dans ce qu’il est puisqu’il existe et me permet de ressentir. J’ai compris que l’amour de soi est indissociable à une vie d’amour et de bonheur. Surtout, j’ai compris que ce n’était pas sur la voie de la comparaison que j’allais véritablement apprendre à m’aimer. C’était plutôt en travaillant sur moi et en faisant le choix de cesser de me critiquer aussi facilement et injustement. Ce faisant, c’est comme si je comprenais que nous avions tous une beauté singulière et que la mienne, elle était tout aussi belle que celles des autres.

Ce cheminement vécu m’a, entre autres, amené à participer une année à la journée sans maquillage. Je voyais là l’occasion de prolonger ce que j’avais entrepris au cours des dernières années. Cette journée, je la vivrais pour célébrer celle que j’étais, sans artifices. Me montrer sans maquillage, c’était en quelque sorte faire la paix avec les traits de mon visage rond et ma peau parfois imparfaite, c’était me montrer comme je suis. Avoir osé la journée sans maquillage aura été un beau cadeau, car ayant tellement adoré l’expérience, je décidai de poursuivre cet évènement plus d’un mois durant. Moi qui avais été une adolescente cherchant parfois à se cacher ou une jeune adulte employant le maquillage pour aimer davantage l’image que me renvoyait le miroir, je me trouvais à oser ÊTRE. Ce fut libérateur ! En quelque sorte, c’était comme si je disais au monde entier : «Voici ce que je suis, tout simplement. Que tu aimes ou non, moi je m’aime ! ». Durant ce mois, il fut des jours où j’étais radieuse, d’autres où je paraissais fatiguée. En me permettant de me montrer sous mes différentes facettes, je me réconciliai avec mon apparence. Et savez-vous quoi ? Je me suis rarement sentie aussi belle que lorsque je me suis permis ce mois sans maquillage. Il ne tenait qu’à moi de  me permettre de m’aimer ainsi !

À toutes les femmes près de moi ou à celles qui liront cet article, j’ai envie de vous inviter à vous aimer aussi davantage. Le cheminement de l’amour et de l’estime de soi en est un qui se déroulera toute notre vie durant, car le temps qui passe laisse sur notre corps des traces. Avec ce temps, la possibilité de découvrir notre corps sous un nouvel angle, de l’aimer encore plus pour ce qu’il est et pour ce qu’il nous permet d’accomplir. Je nous souhaite sincèrement d’être en mesure d’accueillir notre beauté singulière sans ressentir le besoin de se comparer à d’autres. Je nous souhaite de cesser de dire « Je ne suis pas assez ceci ou je suis trop cela, mais de dire « Je suis AINSI et je m’aime » ! Et si nous décidions de cesser cette quête incessante du corps parfait ? Et si nous décidions de consacrer notre énergie à s’aimer toujours un peu plus chaque jour ?

QU’ATTENDONS-NOUS POUR NOUS AIMER ?

Aujourd’hui, j’ai envie d’inviter toutes les femmes, peu importe leur âge, à s’aimer profondément comme elles le sont. Je les invite à voir en elles un joyau, quelles que soient les épreuves vécues ou ce qu’elles aiment moins de leur corps. Je les invite à réfléchir à la manière avec laquelle elles se traitent au quotidien : est-ce qu’elles entretiennent de belles pensées qui peuvent laisser fleurir l’amour de soi ou est-ce qu’elles s’autocritiquent allégrement empêchant ou restreignant l’amour qui aimerait se frayer un chemin jusqu’à elles ?

Je ne suis aucunement parfaite, mais j’ai compris que je suis belle à ma manière, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Je mérite de m’aimer.

Oserez-vous aussi vous aimer profondément ? Oserez-vous également accepter votre corps comme il est, sans être votre bourreau, sans vous dénigrer ?

Soyez confiante, aimez-vous, estimez-vous, croyez en vous. La confiance, l’amour, l’estime et la foi en soi sont pour moi des ressources avec lesquelles j’ai maintenant décidé de vivre ma vie. Je suis convaincue qu’elles peuvent aussi être pour vous de précieuses alliées.

Le voyage vers l’acceptation de soi peut débuter à n’importe quel âge. Et si nous décidions de nous offrir ce sublime cadeau ?

Marie-Christine Duquette

 

* dans cet article, je m’adressais spécifiquement aux femmes. Toutefois, je considère que l’acceptation de soi est un cadeau à s’offrir, peu importe que l’on soit un homme ou une femme 🙂

 

 

 

 

À propos Marie-Christine Duquette

Photographe et co-auteure du livre Le changement vous appelle... Répondez ! publié aux Éditions La Semaine. Femme de cœur, passionnée par l'immense potentiel humain ainsi que le développement personnel et exploratrice invétérée des possibilités de la vie.

2 Comments

  1. Maëlice

    17 avril 2014 at 18 h 12 min

    Une lecture pleine d’optimisme et très rafraîchissante, Je n’ai lu qu’un article, mais j’ai vraiment le goût de poursuivre, et c’est ce que je vais faire sans aucune hésitation !
    Félicitation à toi pour avoir compris ce que bon nombre de personne mettent toute une vie à comprendre, ce sont de paroles comme les tiennes qu’auront besoin les petites filles de demain.
    Bonne poursuite, tu es resplendissante, tant à l’écrit que pour le peu que je connais de toi dans la vie.

    Maëlice.

    • Marie-Christine Duquette

      7 mai 2014 at 20 h 07 min

      Merci Maëlice, ton commentaire m’a grandement touchée. Merci d’avoir pris le temps de me laisser ton appréciation sur ce que je me plais tant à faire, soit l’écriture,
      Marie-Christine xx

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