Bonheur

Épuisée de…

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ÉPUISÉE DE…

Je me souviens de cette fameuse soirée où, arrivée à la maison, je me suis sentie lasse, exténuée, fatiguée, épuisée.

Quelle journée ce fut ! Journée occupée au travail, en pleine période de déclin dans ma motivation intrinsèque. Mine de rien, de plus en plus, je ressentais de la lassitude face aux tâches que je devais accomplir au quotidien, de plus en plus, je me sentais irritée et irritable. Là n’est pas le propos de ce texte, mais je peux vous affirmer qu’il est exténuant de faire semblant d’aimer encore les tâches que l’on accomplit au quotidien, de faire semblant d’être encore motivée par une profession que nous ne désirons plus à long terme. Aller à contre-courant de ce qui se passe à l’intérieur de soi amène une dissonance émotive qui draine énormément nos énergies, je peux en témoigner.

Dans cette période particulière vécue au travail, j’avais pris la décision de prendre des cours de massothérapie à temps partiel. Des cours, car je désirais prendre soin de moi et m’offrir une éventuelle porte de sortie si j’en venais à oser la démission. Je voyais la massothérapie comme étant une façon d’occuper mes futures journées d’activités professionnelles qui me ressembleraient davantage sans compter que je trouvais ce climat de travail particulièrement zen et, donc, alléchant. Par contre, il va sans dire que très rapidement, j’ai constaté que cette porte de sortie n’était pas pour moi. En fait, la photographie était déjà bien présente dans ma vie et remportait la palme d’or de mes passions. Aussi, je réalisais que ce n’était pas d’un autre métier que j’avais besoin, mais de temps pour moi afin de prendre soin de celle que j’étais et afin de me repositionner face à ma vie. Toujours est-il que j’aurai tout de même complété quelques cours en massothérapie et que, grâce à eux, j’ai compris beaucoup de choses. Les apprentissages que j’y ai faits sont précieux. Je me remercie encore et toujours d’avoir osé essayer.

Je me souviens de cette fameuse soirée où, arrivée à la maison, je me suis sentie lasse, exténuée, fatiguée, épuisée.

Je venais de vivre un cours particulièrement difficile émotionnellement. J’avais pris conscience de choses qui étaient, jusqu’ici, insoupçonnées, imprégnées en moi. Spontanément à une phrase dite par mon enseignante, j’avais éclaté en sanglots. Que de pleurs, que de larmes ais-je alors laissé sortir. N’arrête pas qui veut un flot de larmes qui viennent de choisir, enfin, de déferler… J’étais surprise de ma réaction : c’était mon corps qui parlait, mon âme qui s’exprimait. Je demeure profondément persuadée que certaines prises de conscience surviennent à des moments imprévus et qu’elles peuvent être confrontantes, douloureuses et déconcertantes. Par contre, tant bien que nous sommes prêts à capter leur message, nous pouvons alors grandir de façon majestueuse et se sentir beaucoup plus léger ensuite… Dans ce cas, cette prise de conscience survenait la veille de mon anniversaire et j’avais la nette impression que je venais de m’offrir le plus beau des cadeaux qui me servirait toute ma vie !

Je me rappelle aussi de l’un de ces autres cours de massothérapie où j’étais évaluée par mon enseignante. Le contexte était que je devais procéder à un bilan de santé fictif avec un client, sous la forme d’une entrevue. Après l’épisode d’un autre cours où je m’étais montrée fragile, à découvert (quel apprentissage ce fut de me montrer ainsi, moi qui plus jeune se disait tannée d’être forte, mais qui ne démontrait pas précisément aux autres ma vulnérabilité, bien camouflée sous des carapaces que j’avais pris soin d’ériger pour me protéger…Je venais d’en démontrer un grand pan), je me présentais alors à la classe comme étant une femme convaincue et…, ma foi, convaincante, si je me fie aux félicitations prodiguées ensuite par mon enseignante! Elle était grandement satisfaite de ce que je venais de faire ! Je me rappelle de ma difficulté à m’octroyer ensuite le mérite de cette réussite. Lorsqu’elle m’avait demandé si j’étais satisfaite, j’avais haussé les épaules et je m’étais mise à réfléchir à ce qui avait moins bien été. Je cherchais des points à nommer : où avais-je été imparfaite ? Elle m’avait alors dit « Et s’il n’y avait rien à redire justement ? Et si tu cessais de te taper sur la tête avant même que quiconque ne le fasse … ou non ? ».  Ces remarques m’avaient grandement fait réfléchir… Car oui, il était vrai que j’avais l’automatisme déconcertant de ne pas me trouver à la hauteur ou encore j’avais une certaine facilité pour lever le bâton et me taper sur la tête… Je fais une brève parenthèse, mais je considère qu’il est bien de chercher des pistes d’amélioration pour toujours cheminer en tant que personne. Du moins, je suis ainsi faite. Être capable de se regarder avec lucidité, reconnaître ses forces et ses points à améliorer est bénéfique pour notre plein cheminement, mais il faut faire bien attention à ne pas toujours être dans le pôle des « critiques » ou de l’insatisfaction éternelle, voire injustifiée. Il faut aussi savoir se reconnaître dans nos bonnes ou nos moins bonnes journées, car c’est aussi cela la vie. Rien n’est statique, tout est changement, tout est fluctuation. Et je venais de le comprendre. Ainsi, je réalisais alors davantage cette quête de la perfection que je poursuivais. Les paroles de cette enseignante s’étaient frayées un chemin jusqu’à mon âme, pour mon plus grand bénéfice. J’étais à un stade de ma vie où j’étais prête à les accueillir.

Cette soirée-là, je me souviens d’être arrivée chez moi et de m’être sentie lasse, exténuée, fatiguée,  épuisée.

ÉPUISÉE DE MOI.

Oui, quel constat que de réaliser que j’étais celle qui s’en demandait tant dans la vie. La fameuse perfection, celle qui n’existe pas, mais que nous tentons sans doute tous et toutes d’atteindre un jour ou l’autre dans notre vie, elle m’a causé bien des maux.

Évidemment, je me suis questionnée. Pourquoi étais-je une femme qui désirait être constamment à la hauteur, qui était si responsable, qui devait faire bien à tout coup, qui ne devait rien demander à quiconque ? La réflexion m’aura mené vers de grandes pistes pour mieux comprendre la source de ce besoin de perfection…

Ce jour, où je suis arrivée à la maison lasse, exténuée, fatiguée, épuisée, j’ai compris que j’avais une grande part de responsabilité dans cet état intérieur. Je comprenais que j’étais responsable des standards de qualité que je m’exigeais. Et que si j’en étais responsable, je pouvais aussi me délivrer de ceux-ci. Là serait mon choix, car je ne désirais plus vivre ainsi.

Oui, ce jour de prise de conscience, j’ai fait le choix d’abandonner. D’abandonner ce besoin d’être parfaite, sans failles.

Oui, ce jour, j’ai fait le choix de me permettre d’être MOI et d’accepter mon vécu, mon passé, celle que je suis intérieurement en toute conscience du chemin fait et de celui à poursuivre. Ceux qui m’aimeraient resteraient, ceux qui ne m’aimaient pas ainsi partiraient. Mais je comprenais alors que si je m’aimais enfin pour ce que je suis réellement, que si je m’autorisais mon imperfection, je serais riche d’un amour qui donne des ailes.

J’ai choisi de cesser d’être mon pire bourreau. Ce choix m’aide aujourd’hui à baisser plus rapidement le bâton de la culpabilité ou de cesser plus facilement les critiques envers moi…

J’ai choisi d’exposer ma vulnérabilité sans y voir un signe de faiblesse. Ce choix m’aide aujourd’hui à être fière de ce que je suis, dans toute mon unicité.

J’ai choisi de me respecter, de m’écouter et de me prioriser parce que je sais qu’il faut avant tout que je m’offre cette place de choix si je veux être pour les autres, une personne généreuse et aimante. Ce choix m’aide aujourd’hui à revenir vers mon équilibre quand je m’oublie…

J’ai choisi de faire du lâcher-prise un apprentissage quotidien où je constate régulièrement mes progrès. Ce choix m’aide aujourd’hui à relativiser plus rapidement ce que je vis.

J’ai aussi choisi d’accepter que je pouvais accueillir ce trait de ma personnalité qui aime le travail bien fait, soigné et rigoureux, mais sans plus tomber dans des standards irréalistes. Je dis cette dernière phrase avec un grand sourire, car je sais que d’un regard externe, plusieurs me trouvent encore bien « perfectionniste ». Cependant, moi, je sais réellement ce qu’il en est et c’est cela le plus important pour moi : être bien avec ce que je suis, avec comment je suis… Qu’importe le regard d’autrui…

J’ai choisi de m’accueillir dans ce que j’appelle maintenant ma si belle imperfection parfaite.

Et vous ? Avez-vous aussi appris à aimer votre si belle imperfection parfaite ?

Laissez-moi vos commentaires 🙂

 

Marie-Christine Duquette

À propos Marie-Christine Duquette

Photographe et co-auteure du livre Le changement vous appelle... Répondez ! publié aux Éditions La Semaine. Femme de cœur, passionnée par l'immense potentiel humain ainsi que le développement personnel et exploratrice invétérée des possibilités de la vie.

6 Comments

  1. Sylvie

    13 juin 2014 at 20 h 08 min

    Bonsoir à vous, Je ne peux que vous dire MERCI de nous partager cette parcelle de votre vie…Vous me procurez un grand bien…Vous m’apportez un tel soulagement…Vous venez de m’offrir une motivation en ma vie…Merci sincère pour cette belle réflexion !!!

    • Marie-Christine Duquette

      15 juin 2014 at 7 h 46 min

      Bonjour Sylvie, c’est à mon tour de vous remercier sincèrement pour avoir pris le temps de me laisser ce message. Il me touche grandement. Savoir que ce texte, une parcelle de mon vécu, puisse être ainsi accueilli, ça me fait grand plaisir, car je l’ai livré avec cœur, de façon pleine. Merci 🙂

  2. caro

    14 juin 2014 at 16 h 20 min

    en parfaite synchronicité
    Merci pour ces mots que j accueille avec joie et j ai une profonde gratitude pour la mise en mots « parfaite » :))) j’ai compris et ressenti les meme choses je suis en « désamorçage de la perfectionite aigue » 🙂
    Merci pour ce partage .

    • Marie-Christine Duquette

      15 juin 2014 at 7 h 49 min

      Bonjour Caro, quel plaisir de vous lire ! Vive la synchronicité, je l’adore :-). Surtout, vive les prises de conscience que nous faisons sur cette fameuse perfection et vive les efforts ensuite que l’on fait pour aimer davantage notre imperfection. Bonne continuation, chose que je fais aussi quotidiennement 🙂

  3. Elaine Dansereau

    25 septembre 2015 at 9 h 21 min

    WoW!!!
    Mon coeur bat la chamade. Je suis bouleversée par votre texte, mais de façon positive. C’est un réel bonheur de vous lire. C’est une première pour moi, mais soyez assuré que je me fais le plaisir et le devoir de revenir lire tout vos écrits passes et tous ceux à venir.
    Merci, vraiment.

    • Marie-Christine Duquette

      5 décembre 2015 at 17 h 14 min

      Je remarque qu’aujourd’hui votre précieux commentaire. Merci beaucoup d’avoir pris le temps de commenter Elaine. Merci de me suivre et au plaisir de vous relire à nouveau 🙂

      Marie-Christine D.

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