Bonheur

Chère écriture…

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Chère écriture,

Je te dédie ce premier article, car si ce blog a vu le jour (enfin me diras-tu), c’est grâce à l’amour que j’ai pour toi depuis si longtemps. J’ai envie que l’on se remémore ensemble quelques moments forts de notre belle histoire. Certainement pour me faire plaisir, mais aussi parce que j’ai tellement envie que les gens découvrent tout ce que tu représentes pour moi.

Te souviens-tu de notre première rencontre, de ces premiers instants où je te découvrais ? De gribouillis à des mots puis à des phrases, je te confiais, de mes mains d’enfant parfois incertaines, mes pensées. Comme tu devais être fière de moi quand tu constatais les progrès que j’accomplissais et l’assurance que j’acquérais dans mon écriture.

Te souviens-tu du 5 juillet 1991 ? Oui, ce jour où je fêtais mes 7 ans et recevais un journal intime à l’effigie d’une belle princesse. Sans doute te souviens-tu de l’empressement que j’avais eu à l’entamer le jour même, excitée de noircir ma première page, plaisir que je me suis ensuite accordé quotidiennement. Savais-tu que je conserve précieusement mon journal intime dans ma table de chevet ? Encore aujourd’hui, je me plais à lire des passages, même si à leur lecture, mon cœur se serre parfois quand je réalise les doutes et le manque de confiance de l’enfant que j’étais. Inutile de te dire que, plusieurs fois, j’ai eu l’envie d’aller prendre dans mes bras la petite Marie‑Christine et lui dire combien elle était aussi une belle princesse, mais que son regard ne lui avait simplement pas encore dévoilé sa beauté.

Te souviens-tu aussi de mes compositions à l’école ? Je détestais tant me voir imposer un maximum de mots, car une fois que tu animais mes mains, j’avais peine à me restreindre. De plus, combien de cartes d’anniversaire ai-je offertes complètement noircies de mes vœux : pour moi, chaque espace vide était destiné à l’ajout de doux mots. Cela en est même devenu une anecdote dans mon entourage. Peut-être te souviens-tu aussi de mon livre soigneusement et passionnément confectionné à l’âge de 10 ans pour l’anniversaire de ma mère ? De la reliure aux dessins, de l’histoire à la description de l’auteure à l’endos du livre, que de plaisir j’avais eu grâce à toi. Je ne peux m’empêcher de sourire au souvenir d’une section bien spéciale dans celui-ci : à la toute fin, j’avais indiqué « Dans la même collection ». Je ne manquais pas d’envergure et d’idées assurément.  

Te souviens-tu également de ces textes écrits avec le regard voilé par les larmes ? Parce que mon cœur d’enfant ne comprenait pas l’inconcevable et soudain handicap de mon jeune frère , parce que mon cœur d’adolescente n’acceptait pas le choix de mes parents de le placer après qu’ils se soient rendus jusqu’à l’épuisement des ressources pourtant maintes fois inventées et réinventées, puis finalement parce que mon cœur d’adulte réalisait un peu plus chaque année tout ce que la vie lui avait enlevé. Cet évènement en 1988 bouleversait à jamais ma réalité familiale et influençait la personne que j’allais devenir. Aujourd’hui, je comprends que j’y ai fait face avec les outils alors à ma disposition. L’un de ceux-ci fut ta présence : écrire mes peines, mes rages et mes incompréhensions m’aura permis d’apaiser les tourments qui m’habitaient et m’habitent encore quelquefois. On ne choisit certes pas ses épreuves, mais on peut cheminer avec elles et grâce à toi j’ai trouvé une façon de le faire. Tu auras aussi été avec moi dans d’autres moments douloureux de ma vie d’adulte, merci de m’avoir si bien accompagnée.

Te souviens-tu finalement du 3 mars 2013, journée où ma collègue Annie Germain et moi lancions notre page Facebook Et si c’était ça le bonheur ? J’imagine que tu devais être autant excitée que moi ce jour-là : non seulement toute ma vie tu m’avais si bien accompagnée personnellement, mais à partir de ce jour précis, j’allais maintenant aussi te partager avec les autres. Parce que tu m’avais appris la puissance des mots, je décidais d’oser publiquement ma passion pour toi. Depuis, d’autres beaux projets ont vu le jour et dans lesquels tu es la vedette.

En terminant, je voudrais te remercier de m’avoir permis d’explorer l’écriture enfantine et naïve, l’écriture passionnée et amoureuse, l’écriture enragée et douloureuse et, depuis un bon moment maintenant, l’écriture inspirante et sereine. Je suis convaincue que tu me permettras encore et toujours d’explorer toute la richesse qui est tienne.

Je nous souhaite sincèrement la continuation de notre belle histoire et, d’ici les nouvelles aventures que nous vivrons ensemble, je peux savourer le plus beau cadeau que tu m’ais offert : des écrits qui constituent une trace indélébile de mon parcours, de mon cheminement et de mon envol dans mon univers. Merci chère écriture.

Marie-Christine

À propos Marie-Christine Duquette

Photographe et co-auteure du livre Le changement vous appelle... Répondez ! publié aux Éditions La Semaine. Femme de cœur, passionnée par l'immense potentiel humain ainsi que le développement personnel et exploratrice invétérée des possibilités de la vie.

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